vendredi 11 avril 2008
Pic-verts au tableau noir

Dessinons un paysage au tableau: un sans horizon. Si beau qu'il faudra le voir pour le croire, si doux, on le contemplera matin et soir, ce paysage, sur le tableau noir d'où s'envolera un pic-vert.
Bien sûr je ferai une esquisse de toi à l'aîgu d'une craie, une esquisse pour avoir toujours à te deviner. Pour me rejoindre tu me dessineras juste à côté, là, étendu sur le gazon de ce beau paysage sans horizon. Je serai tel qu'à la ville: raté! Brouillon! Sans horizon! C'est d'ailleurs bien pratique lorsqu'on veut s'en aller main dans la main sans se retourner, poursuivre les mots gravés dans la pierre que le pic-vert ne pourra plus jamais renier.
Pourtant nous serons effacés. Le tableau sera replongé dans son obscurité, le paysage dégoulinera sous les assauts d'une éponge gorgée de cruauté. Sagement, nous attendrons qu'elle s'en aille pour reprendre nos craies de couleurs et dessiner une île déserte peinte de plages et de cocotiers. L'éponge l'engloutira dans l'heure. Nous dessinerons alors un châlet couvert d'une tempête de neige, planté dans l'appaisante lueur d'une cheminée. Egalement effacé par l'éponge sans coeur.
Alors on tracera le sentier du bonheur, simplement bordé de quelques fleurs arrosées de chaleur. On dira au-revoir avant de courir. Adieu pic-vert, on part s'exercer sur les murs, avec nos craies de couleurs, à redessiner le monde en oubliant ses horreurs.
mardi 13 novembre 2007
Le retour du fils de la fiancée de l'Hiver 2 la résurrection...
Le banc vert
La poubelle verte avec son sigle pour la propreté
La pelouse verte avec son interdiction d'y foutre les pieds
Un charmant square lui est offert pour une nuit, peut-être deux
C'est le développement de la misère durable
Il renifle sa piquette au goulot puis il renifle tout court dans le vert espace
Il en sera le brave clodo étendu dans le froid
Sur son banc vert surveillé par une poubelle verte
Quand l'alcool le rendra inerte
Il en oubliera ses songes
Il en oubliera sa vie
Que les damnés me rongent
Sa liberté de crever survit et à quel prix
Quelques journaux le bordent
Ses savates sont désabusées jusqu'à la corde
Ce soir, demain, un banc
Et qui sait peut-être bientôt le fossé
Dès qu'un dieu le réclamera à ses côtés
Dans son divin Eden blanc qui n'exigerait à l'entrée aucun billet vert
Enfin, j'espère
samedi 4 août 2007
Prudence, levez le pied!
Natacha est accueillie aux urgences
Natacha a mal
Sa route des vacances
Prend fin à l'hôpital
De pompiers en ambulance
Rouge ou blanc sur ses joues pâles
Des gyrophares dansent
Son regard détale
L'autoroute achève l'enfant sans défense
Bouffe sa vie comme une morphale
La voie n'a aucun sens
Quand elle devient fatale
Entre Marseille et Valence
Le macadam est sale
Moitié sang moitié essence
Tâché de jus d'encéphale
Mais le démon vitesse s'en balance
Car tous les conducteurs se valent
Quand il double la Mort les devance
Elle cavale cavale cavale
Fauche l'enfance immense
L'enfance idéale
De la viande à pare-choc, quelle évidence!
Au péage qu'est-ce que dix balles
Quand la Vie s'y dépense
On trouve çà normal
C'est de la démence
Natacha à l'hôpital
Pour la première cause de violence
De mortalité en France
samedi 30 juin 2007
Les déchets
Illustration pour un texte de Sébastien Bonnier tiré de son recueil Sénégal
mercredi 27 juin 2007
Danser au rythme des bombes
Toujours la même musique, ils dansent au rythme des bombes
Ils chantent droits sur leurs tombes
La main sur le coeur, arpège en boum mineur
La morale de mes vieux démons
Vague écume au fil de l'eau
Triste horizon au fil des ans
Rien ne se perd au fil d'Ariane
Qu'on ne regrette déjà aussitôt
Pas plus tard que naguère
Ils se disputaient au micro
Sur l'honneur de la Guerre
Pas plus tard qu'hier
Vieux démons coeur de pierre
Fleur de béton
Minute et silence
Sans pardon ni insulte
Un blanc trois soupirs
Boum
vendredi 8 juin 2007
Les Pirogues
Illustrations de Loule pour un texte de Sébastien Bonnier tiré de son recueil Sénégal
J'ai divisé à l'arrache la planche en 3 pour un meilleur affichage
Cliquez sur les planches pour les agrandir
dimanche 11 mars 2007
La bohème
vendredi 9 mars 2007
Rien ne sert de courir...
Solitaire et solitude se marièrent eurent beaucoup d'absents de rêveurs et d'autres petits marginaux
Ils pleuvaient abondamment les uns sur l'échine des autres pauvres
Je grimpe encore quelquefois à la fenêtre de sa chevelure pousser la sérénade au balcon de son sourire
Un grand garçon libre sur la Terre des Hommes de Coeur adorateurs de la loterie une chance de cocu à huit milliards contre une de n'avoir pu éviter notre rencontre un soir d'hiver
Je me promènerai encore longtemps mon sac kafi d'iles désertes
Quatre vers
Un seul ne traduirait jamais tout mon Amour
Et deux seraient trop peu pour te faire la cour
Le troisième pour faire rire ton coeur lourd
Un quatrième et ton regard devient velour









































